Beaucoup de cabinets affichent aujourd'hui une compétence « crypto ». Pour une société qui manipule des crypto-actifs, la différence entre un cabinet qui connaît le sujet et un cabinet qui l'a réellement pratiqué se voit rarement sur une plaquette, mais elle se voit très vite à la clôture. Voici les questions que nous conseillons de poser, quel que soit le cabinet que vous rencontrez, y compris le nôtre.
1. Le professionnel est-il inscrit à l'Ordre ?
C'est le préalable. Seul un expert-comptable inscrit au tableau de l'Ordre peut tenir et présenter les comptes d'une entreprise ; l'inscription se vérifie en ligne sur l'annuaire de l'Ordre des experts-comptables. Si le cabinet propose aussi de l'audit, la qualité de commissaire aux comptes se vérifie de la même façon.
2. Connaît-il le nouveau cadre comptable des crypto-actifs ?
Demandez comment il comptabiliserait vos actifs au regard du règlement ANC 2026-01, applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027. Une bonne réponse commence par une question sur l'usage que vous faites de ces actifs, car c'est l'intention de l'entreprise qui détermine le traitement comptable. Une réponse toute faite (« tout va en 522 ») doit vous alerter.
3. Comment rapproche-t-il la comptabilité de la blockchain ?
Une comptabilité crypto fiable suppose de rapprocher les soldes comptables des soldes réellement constatés on-chain et sur les plateformes, adresse par adresse. Demandez quels outils sont utilisés, comment sont traités les frais de réseau, les opérations de staking ou les transferts internes, et comment est prouvée la détention des portefeuilles.
4. Sait-il parler à votre régulateur et à votre auditeur ?
Si vous êtes PSCA, établissement de paiement ou émetteur de jetons, votre expert-comptable doit comprendre les exigences de l'AMF ou de l'ACPR et savoir préparer un dossier qui tiendra face à un commissaire aux comptes. Un cabinet qui pratique lui-même l'audit d'acteurs crypto sait ce qui sera demandé.
5. Maîtrise-t-il les obligations fiscales spécifiques ?
La directive DAC8 impose aux prestataires de collecter, depuis le 1er janvier 2026, les données de transactions de leurs utilisateurs pour les déclarer à l'administration fiscale. La fiscalité des crypto-actifs détenus par une société suit en principe le traitement comptable. Votre conseil doit pouvoir expliquer l'articulation entre les deux.
6. Peut-il vous accompagner sur les opérations de haut de bilan ?
Levée de fonds en stablecoins, apport de crypto-actifs au capital, émission de jetons, BSPCE : ces opérations font intervenir le droit des sociétés, la comptabilité et parfois un commissaire aux apports. Mieux vaut un interlocuteur qui en a déjà vu.
Ce que nous proposons
Chez ALT Finance, nous accompagnons des acteurs crypto, fintech et tech en expertise comptable, en audit et en conseil, avec un outil interne d'analyse on-chain. Si vous voulez confronter votre situation à ces six questions, contactez-nous.
Questions fréquentes
Un expert-comptable « classique » peut-il tenir la comptabilité d'une société crypto ? Oui juridiquement, mais la tenue fiable des crypto-actifs exige des outils et une méthode de rapprochement on-chain que tous les cabinets n'ont pas.
Comment vérifier qu'un expert-comptable est bien inscrit ? En consultant l'annuaire de l'Ordre des experts-comptables.
Sources
Finalib, présentation de la profession réglementée d'expert-comptable (ordonnance du 19 septembre 1945) : https://finalib.fr/expert/alt-expertise-alt-finance-expert-comptable-paris-26b67d
Pour les sources réglementaires, voir nos articles sur le règlement ANC 2026-01 et sur DAC8.
